par Amanda Cooper
Les marchés mondiaux ont entamé la semaine sur une forte chute, les indicateurs de volatilité s'envolant tandis que les actions s'effondraient, des baisses pourtant moins importantes que lors d'autres krachs boursiers.
Ces chutes ne sont pas liées à un unique facteur, bien que les chiffres d'emploi médiocres aux États-Unis pour juillet aient certainement été un catalyseur. La hausse des taux japonais mercredi dernier a en outre renchéri le yen, limitant l'intérêt des opérations de portage financées avec la devise.
Parmi les baisses notables, le Nikkei .N225 a dégringolé de plus de 12% lundi, sa plus forte baisse depuis le "Black Monday" d'octobre 1987.
VOLATILITE
L'indice VIX .VIX , qui mesure la nervosité des marchés, pourrait inscrire sa plus forte hausse sur une séance lundi, l'indice bondissant de plus de 170% depuis vendredi.
L'indice n'a jamais progressé autant en une séance, le précédent record d'une hausse de 115%, établi en février 2018, ayant été déclenché par une hausse des rendements obligataires et la crainte d'une hausse de l'inflation.
ACTIONS AMÉRICAINES
Le S&P 500 .SPX et le Nasdaq .IXIC ont ouvert en recul de 4% et 6%, avant de limiter une partie des pertes au cours de la séance. Le S&P 500 a déjà perdu 9% par rapport à son record établi le 16 juillet, contre une baisse de 14% pour le Nasdaq par rapport à son plus haut du 11 juillet.
Pour autant, lors du "Black Monday", les deux indices avaient perdu respectivement 20% et 11,5%, tandis que les pertes durant la crise du Covid ont pu atteindre 12% pour le S&P 500 comme le Nasdaq.
LE CŒUR DU PROBLEME
Le yen a nettement rebondi sur une semaine, de plus de 7%, soutenu par les autorités japonaises et la hausse des taux de la Banque du Japon.
Or, les taux négatifs au Japon permettaient de financer des opérations de portage, les investisseurs empruntant des fonds en yen qu'ils investissaient dans d'autres actifs. Le rebond de la devise les force à clore ces positions, et donc à vendre les actifs achetés avec le yen faible.
Ces opérations représentent plusieurs milliers de milliards de dollars, ce qui explique l'ampleur du recul des marchés.
Le franc suisse, une autre devise de financement de stratégies de portage, prend également 4,2% sur une semaine, bien que ce mouvement ne soit pas d'une ampleur anormale.
OR OU ARGENT?
L'or est sous pression, malgré son rôle d'actif refuge. Le métal a gagné 16,5% sur l'année, et des taux américains plus faibles devraient soutenir le prix de la matière première, mais la volatilité importante a emporté l'or avec tout le reste.
En 2020, l'or a perdu plus de 3% à de multiples reprises et a chuté de plus de 7% en octobre 2008 à la suite de la chute de Lehman Brothers.
L'argent, dont le prix évolue fréquemment en rythme avec celui de l'or, perd 5% lundi, un déclin relativement modeste: le métal a perdu presque 16% sur une séance d'octobre 2028.
(Rédaction Amanda Cooper ; Graphes Sumanta Sen et Kripa Jayaram ; version française Corentin Chappron édité par Sophie Louet)

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